
Il est des lieux comme ça que l’on souhaite visiter encore et encore…
Des endroits dont on ne se lasse pas… On attend impatient la prochaine fois que l’on pourra s’y rendre, on réfléchit à quand cela pourra-t-être possible.
Moi, mon pèlerinage, c’est l’île de Islay…
Et vous l’aurez peut-être deviné en lisant les autres articles de mon site, mes lieux de pèlerinage sont Kilchoman, Bruichladdich, Bunnahabhain et désormais Ardnahoe !!!!
Pourquoi ces distilleries et pas les autres ?
Pourtant, il y en a (ou aura bientôt) 12 en activité sur Islay, donc cela laisse quand même le choix…
Mais moi je suis attaché à ces quatre-là parce que avant tout j’aime leur produit (ce qui en soit est une raison suffisante), mais aussi parce qu‘elles ont une histoire à raconter ou parce qu’elles sont attachées à la vie communautaire de l’île et restent artisanales.
Cette année j’ai passé 4 jours sur Islay et donc visité une distillerie par jour tout en profitant des belles plages et Lochs de l’île.



Côté logistique, le port d’attache cette fois ci a été Portnahaven.
Magnifique village de pêcheurs (seul village sans distillerie) doté d’une baie somptueuse, du phare de Rinns et de phoques se promenant sous vos fenêtres…
Nous étions dans une petite maison le long de la baie, un havre de quiétude, un peu loin de tout mais magnifique lieu pour passer ses soirées après une longue journée de balade en profitant du coucher de soleil un verre à la main…
Mais rentrons dans le vif du sujet…
En tant qu’amateur « presque averti », il y a une règle d’or à respecter lorsque l’on se rend dans une distillerie que l’on aime, il faut absolument prendre la Warehouse Expérience.
C’est une occasion unique de gouter des fûts spécialement sélectionnés que l’on ne retrouvera jamais ailleurs, voire qui ne seront jamais embouteillés, juste réservés aux papilles de ceux qui font la visite.

Jour 1, Une journée inoubliable à Kilchoman
Là… va falloir que je donne quelque précisions car la journée a été longue… Arrivé 10h, reparti 17h30…
Un ami à moi possède un fût de Kilchoman qui mature sagement dans une de leur warehouse…
du coup, sachant que j’allais sur Islay, nous avons contacté la distillerie pour savoir si je pouvais récupérer un échantillon de son fût.
Et là, quelle surprise en recevant la réponse… il était vert de jalousie (au moins autant que moi sur le fait qu’il possède un fût) car la réponse a été OUI, pas de soucis, on vous organise une visite de la warehouse pour aller voir le fût et directement tirer un dram…
Ben moi je dis… ça c’est une journée qui va bien commencer…



le Jour J, à 10h du matin j’arrive devant la distillerie Kilchoman
Accueil hyper chaleureux, nous retrouvons Sharon avec grand plaisir (nous avions logé chez elle deux ans plus tôt) et elle nous présente sa fille Sarah qui va s’occuper de nous.
Nous voici donc parti à bord du mythique Land Rover de l’European Tour dans la pampa, direction une warehouse fermée au public, bien cachée derrière les dunes…
Franchement, quand vous êtes « big fan » d’une distillerie, mais quel bonheur et quel honneur que d’avoir accès à des lieux « cachés » et de pouvoir côtoyer les gens qui y travaillent, de voir leur quotidien et de les écouter parler de leur distillerie avec passion.

10h20 : nous voilà dans la warehouse, au milieu de centaines de fûts… wouhaouuuuuu !!!!
nous nous faufilons au milieu de tout ça pour atteindre le fût de mon ami et sortons le « Whisky Thief » pour remplir la topette.
Tout en discutant avec Sarah qui nous explique avec son métier, la vie à la distillerie, sa vie sur l’île, ses passions, elle ne manque pas de me passer un verre pour que je puisse déguster ce breuvage brut de fût à 63 ou 64%, certes encore jeune mais au combien prometteur.
Mais le temps manque, il est déjà 11h15 et il me faut vite retourner à la distillerie car cette fois ci c’est l’officiel Warehouse Tasting qui m’attend avec Sharon.
Me voici donc embarqué dans une autre warehouse avec Sharon qui nous raconte tant et plus d’anecdotes sur la distillerie, sur son île en nous faisant voyager devant 3 fûts destinés à la dégustation.
. Le 1er est un fût de Bourbon 7 ans, 58,4% d’une très belle fraicheur
. Le 2ème est quant à lui un fût de Porto Blanc, 10 ans, 52,3%, une pure merveille
. Le 3ème est un surprenant fût de Vouvray, 7 ans, 58,2% qui a sa petite histoire que vous pouvez retrouver ici : https://www.facebook.com/watch/?v=980525243737289
Futs partis à bord du voilier Le Phoenix de Quiberon pour rejoindre Kilchoman



La dégustation de ces trois fût mettant en appétit, il était logique que nous mangions sur place au visitor center qui soit dit en passant vaut le détour avant que je ne reparte pour l’après midi complet à vivre la « 100% Islay Expérience de Kilchoman ». 3h30 d’immersion dans la distillerie, de visite et de dégustation des différentes expressions des cuvées 100 % Islay provenant de l’orge cultivé sur la ferme, malté, tourbé à la distillerie. Un produit 100 % local.
Et c’est ainsi que cette merveilleuse 1ère journée sur Islay s’est terminée avec des étoiles plein les yeux et du whisky plein le ventre…






Jour 2, Bruichladdich Warehouse Expérience

Tous les amateurs de Bruichladdich qui ont la chance d’aller sur Isaly se doivent de vivre cela car ici nous sommes en présence de 3 fûts rares, uniques, d’exception, soigneusement sélectionnés dont aucune bouteille ne sortira jamais à la vente.
Une expérience unique que l’on ne peut vivre que dans la Warehouse le temps que les fûts soient vides et remplacés.
Bruichladdich a 3 types de whisky dans sa gamme, le « Bruichladdich » non tourbé, le « Port Charlotte » tourbé à 50ppm et « Octomore », OVNI le plus tourbé au monde allant de 100 à 200 ppm voire plus.
Nous voilà parti pour 3 dégustations prometteuses avec en prime encore une fois plein d’anecdotes sur la distillerie (qui fête ses 25 ans de réouverture cette année) et l’histoire de Islay.
. Le 1er fût est un Bruichladdich Bere Barley (orge Écossais très particulier et dur à travailler) de 17 ans élevé en fût de 2nd fill bourbon. De toute beauté avec les notes très déroutantes et particulières du Bere Barley. Le fût pas trop présent apporte les notes de vanille mais laisse surtout s’exprimer cet orge au combien particulier.
. Le 2ème fût est un fût expérimental de Port Charlotte et pour le coup, expérimental est un doux euphémisme… là on est sur un 11 ans, mais avec un parcours lunaire
1ère année passée dans un 1st fill bourbon, 2ème année dans un 2nd fill bourbon, 3ème année dans un 3rd fill bourbon, 4 ème année dans un 4th fill bourbon, puis 2 ou 3 ans dans deux fûts de vin pour finir sa maturation dans un fût de bourbon…
Pourquoi tout ça… à quoi bon ???? personne ne le sais, mais en tout cas le résultat est là et pour le coup, des comme celui-là il n’y en aura pas deux…
. Le 3ème est le tant attendu Octomore !!! Le plus Viel Octomore que j’ai eu la chance de gouter et je ne suis même pas certain qu’il y ait des embouteillages avec ce compte d’âge.
Un Octomore 15 ans vieilli dans un fût de Pinot Noir. Une merveille tourbée, très fine avec des notes de vins somptueuses.






La warehouse de Bruichladdich est un régal éphémère pour les papilles, une expérience réellement unique.
Jour 3, Ardnahoe Warehouse
Nous voici déjà à la moitié du séjour, et je pars pour la Warehouse Tasting d’Ardnahoe, plus jeune distillerie en date à sortir du whisky sur Islay.
Elle a officiellement sorti son 1er whisky il y a 2 ans, j’étais sur Islay juste avant le lancement de cette Inaugural Release et avais eu le privilège de le gouter en brut de fût.
Réellement séduit par le produit, qui à mon sens était vraiment prometteur, j’ai décidé cette année de voir ce que la distillerie savait faire, comment ils arrivaient à maitriser les fûts.
Et grand bien m’en a pris car je n’ai pas été déçu du voyage…
Pas moins de 4 fûts à la dégustation après la visite de l’outils de production.
la distillerie étant encore jeune, les jus dataient tous de 2019 ou 2020, le 1er en fût de Bourbon et les 3 suivants sur une déclinaison de Sherry Hodshead, Oloroso puis Pedro Ximenez.

Cette dégustation a révélé une parfaite maitrise de la distillation, leur base de whisky est excellente et le travail ainsi que la sélection des fûts sont tout simplement exceptionnels.
Il existe encore peu d’embouteillages d’Ardnahoe sur le marché du fait de son jeune âge et d’une faible production, mais c’est une bouteille à acheter sans hésiter si vous en trouvez sur les étagères d’un caviste.



Jour 4, Bunnahabhain Warehouse
Quoi de mieux que de finir en beauté son séjour sur Islay qu’en allant à Bunnahabhain…
Déjà, les paysages y sont magnifiques avec le Sound of Jura (bras de mer séparant Islay de Jura) et les Paps of Jura (montagnes de l’île de Jura) se détachant dans le ciel.
Il est toujours plaisant de se promener le long de cette côté.




Même si j’apprécie beaucoup leur gamme permanente, j’avoue ne pas avoir de réel coup de cœur…
En revanche, dès que l’on commence à parler mythique Warehouse n°9, de Coterie ou de Fèis Ìle, là j’ai les yeux qui scintillent !!!
Je n’avais pas encore franchi le seuil du Visitor center que je me retrouvais avec un verre de 18 ans en guise de mise en bouche accueillie par David Brodie, figure emblématique de la distillerie…
Si vous avez la chance de faire la dégustation avec lui, je vous assure que vous vous en souviendrez.
Nous voici donc assis devant 4 fûts, 4 déclinaisons de Sherry, pas un tourbé pour le coup, c’était vraiment le thème Sherry Sherry Sherry pour cette dégustation…
Pour commencer, deux fûts de 2019, l’un en Fino Sherry, l’autre en Amontillado, chacun à 60%… un vrai régal pour les papilles, ont a là une maitrise parfaite des fûts et de la qualité du vin qu’ils ont contenu auparavant.
Le 3ème, de 21 ans était en fût de Manzanilla à 49,4%, une explosion de saveurs douces et suaves…
David nous a agrémenté la dégustation avec sa guitare et sa voie en nous jouant des morceaux de folklore Ecossais et d’histoires de marins, un pure moment de partage.
Mais il nous avait gardé le meilleurs pour la fin…
Le dernier fût n’était pas celui présent dans la Warehouse, celui-ci venait tout juste d’être remplacé, mais il restait de quoi se faire une dégustation avec le fond du fût qu’il avait soigneusement mis de côté…
Un émerveillement, je n’avais jamais dégusté un Bunnahabhain de cet âge, d’une finesse extrême, des arômes plein le nez et la bouche, un truc de fou… 1992 que c’était marqué sur l’étiquette… 1992…
Il s’agissait là d’un whisky de 34 ans d’âge en finish (assez long semble-t-il) dans un fût de Pedro Ximenez à 42,4%…
Voilà de quoi finir son séjour en apothéose et de quitter Islay heureux !!!!!

Islay c’est l’île aux multiples whiskys, il y en a pour tous les gouts, du non tourbé au très tourbé, avec différentes qualités de tourbe, des plus ou moins sympa, des merveilles, des pépites.
Islay c’est ça, mais c’est aussi une communauté insulaire très forte que les distilleries entretiennent en permettant aux gens de travailler sur leur île.
il y fait bon vivre… (sauf les jours de tempêtes…) les gens que j’ai rencontré, que ce soit dans les distilleries, restaurants, magasins et nos hébergeurs ont toujours été adorables.



Petit aparté pour finir, car sur un autre article je parlais de la Islay Whisky Academy et de Rachel MacNeill avec qui j’avais échangé sans jamais la rencontrer.
Et bien c’est chose faite, nous avons enfin pu nous voir et passer une superbe soirée après plusieurs années d’échange sur les réseaux.
Et bien entendu, elle avait gentiment accepté de réceptionner plusieurs mois auparavant une édition de l’ile de Raasay en Bere Barley que je n’avais pu obtenir pour la France.
Et grâce à elle j’ai pu repartir avec une superbe bouteille aux saveurs exceptionnelles en plus de tout ce que j’ai ramené des distilleries. c’est ça aussi la communauté autour du whisky
Big Hug à Rachel, Sarah, Sharon, David et tous les autres dont j’ai oublié le prénom…
I’m in love with your Island


